Il serait erroné de penser que le choix d’une maison de retraite repose exclusivement sur la qualité des soins apportés aux résidents. Le prix, malgré des préjugés qui le sous-évaluent souvent, est un élément déterminant dans la décision. Frais d’hébergement, prestations annexes, aides financières possibles… Le coût réel d’un accueil en établissement dépend de nombreux critères et peut considérablement varier.

Maison de retraite  : quels sont les différents éléments qui composent le coût  ?

Le tarif d’une maison de retraite (public, associatif ou privé) est constitué de plusieurs éléments  : le principal étant le tarif hébergement qui inclut  : la mise à disposition d’une chambre, les repas, l’entretien du linge (le blanchissage du linge personnel est généralement exclu), les animations, la gestion administrative ainsi que l’accès aux espaces communs.

Ce tarif peut varier considérablement selon le standing de l’établissement, la localisation géographique et le type de chambre (individuelle ou double). Pour une chambre simple par exemple, le tarif hébergement moyen habilité était de 67,62 € par jour et 81,40 € par jour en non habilité (fin 2025). En 2025, le coût moyen d’une maison de retraite ou EHPAD sur le territoire français toutes aides déduites (voir ci-dessous) est compris entre 2 300 € et 2 630 € par mois.

Néanmoins les tarifs peuvent considérablement fluctuer allant de 1 180 € à 7 560 €, selon la région, la nature publique ou privée du type d’établissement choisi ainsi que le standing ou type de chambre choisie.

À noter : l’hébergement temporaire engendre un surcoût d’environ 90 € par mois.

A ce coût hébergement s’ajoute un autre facteur à prendre en compte dans le calcul du budget mensuel  : c’est le tarif dépendance qui dépend du niveau d’autonomie de la personne âgée accueillie en établissement déterminé médicalement par son GIR (Groupe Iso-Ressources) allant de GIR 1 pour une personne très dépendante à GIR 6 pour une personne autonome. Plus le GIR est faible et donc la personne âgée est dépendante plus ce tarif dépendance sera élevé car l’accompagnement quotidien est important. En moyenne en 2025, il est compris entre 90 € et 1 685 € par mois mais peut être partiellement pris en charge par l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA).

Il convient également de tenir compte du tarif soins, correspondant aux frais médicaux et paramédicaux. Dans les EHPAD, ce tarif est pris en charge directement par l’Assurance Maladie, donc sans impact financier pour le résident.

Cependant, certains actes médicaux spécifiques ou soins non remboursés peuvent entraîner des frais supplémentaires, notamment en cas de consultations externes ou de besoins particuliers.

De plus, certains services annexes, comme les soins esthétiques ou les sorties organisées, ne sont pas inclus dans le tarif et peuvent générer des coûts additionnels.

Les différentes aides et dispositifs pour financer un séjour en maison de retraite

Face au coût particulièrement élevé d’un séjour en maison de retraite, plusieurs dispositifs publics et privés existent pour alléger la facture et faciliter l’accès à un hébergement adapté.

Certaines de ces aides sont cumulables sous condition et peuvent permettre de financer différents aspects du séjour : hébergement, dépendance, logement, aides spécifiques liées à la situation de la personne…Voici les principales aides :

  • Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) : réservée aux personnes de 60 ans et plus reconnues en perte d’autonomie (GIR 1 à 4), elle permet le financement d’une partie des dépenses liées à la dépendance, qu’elles soient prises en charge à domicile ou en établissement.
  • Aide Sociale à l’Hébergement (ASH) : versée par le conseil départemental, cette aide s’adresse aux personnes aux revenus les plus modestes. Elle couvre une partie, voire l’intégralité des frais d’hébergement en maison de retraite sociale ou médico-sociale.
  • Allocations de logement (APL et ALS) : sous conditions de ressources, ces aides au logement permettent de diminuer l’impact financier du coût de l’hébergement en établissement.
  • Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées (ASPA) : anciennement minimum vieillesse, cette allocation garantit un revenu minimal aux personnes âgées de 65 ans et plus présentant des ressources faibles.
  • Aides des caisses de retraite et mutuelles : certaines caisses de retraite complémentaire, mutuelles ou fonds d’action sociale sont susceptibles d’accorder une aide financière ponctuelle ou régulière en fonction du parcours professionnel et de la situation personnelle.
  • Avantages fiscaux : les frais engagés pour l’hébergement et la dépendance ouvrent droit à une réduction d’impôt sur le revenu correspondant à 25% des sommes dépensées dans la limite des plafonds légaux.
  • Prêts bancaires spécifiques : certaines banques disposent notamment d’un prêt dit « senior » destiné à financer l’entrée en maison de retraite. Ce prêt présente des conditions attrayantes pour ses bénéficiaires : remboursement différé…,
  • Aides locales et régionales : selon les départements ou régions, il peut exister des aides complémentaires permettant d’apporter un soutien au financement du séjour en établissement.

Pour connaître les critères d’attribution, les démarches à suivre et les montants accordés, il est conseillé de s’informer auprès des services sociaux locaux, du Centre Communal d’Action Sociale (CCAS), ainsi que directement au sein des établissements concernés. Un accompagnement personnalisé avec un travailleur social permettra également d’identifier les dispositifs auxquels vous pouvez prétendre et les optimiser.

Quel est le coût réel d'une maison de retraite et comment le financer ?

Anticiper et optimiser le financement de la dépendance : conseils et alternatives

Évaluer le montant du reste à charge d’un séjour en maison de retraite n’est pas une mince affaire.

Il est donc nécessaire d’anticiper le financement au maximum. Tout d’abord, faites un bilan précis de vos ressources (retraite, épargne, patrimoine immobilier, aides potentielles…) et de vos besoins futurs. La vente ou la location de votre logement peut générer des revenus complémentaires bien utiles pour financer votre hébergement. L’obligation alimentaire – qui concerne votre conjoint, vos enfants mais aussi parfois vos petits-enfants selon les départements – doit également être prise en compte dans l’évaluation du reste à charge.

Anticiper le financement d’une résidence spécialiséePour vous aider à estimer vos droits, réaliser les formalités administratives nécessaires et choisir la solution la plus adaptée à votre situation, il est conseillé de vous faire accompagner par un conseiller en gérontologie ou un assistant social. Vous aurez tout intérêt à comparer les différents établissements et à étudier minutieusement les prestations comprises dans votre contrat de séjour. Certains frais peuvent être négociés. Sachez toutefois que des solutions existent : certains établissements proposent des tarifs dégressifs en fonction de la durée du séjour ou encore des formules adaptées aux petits budgets.Dans le cadre d’une bonne prévoyance, il est préférable de souscrire un contrat de prévoyance dépendance autour de 50-60 ans pour anticiper une partie du coût lié à votre hébergement en maison de retraite via des versements réguliers.

Notez qu’il existe d’importantes disparités régionales : les tarifs dépassent souvent les 3 500 € dans les grandes métropoles comme Paris, Marseille et Nice ainsi qu’en Île-de-France ou en région PACA alors qu’ils peuvent être inférieurs à 2 000 € dans certaines zones rurales. Une anticipation financière s’impose donc  !

D’autres innovations notables sont en cours comme l’expérimentation d’un forfait global soins/dépendance sur 23 départements qui permet notamment aux résidents concernés par l’expérimentation de ne payer que 6,10 €/jour.L’autre innovation majeure est la téléassistance (30-90 €/mois) très appréciée par les seniors autonomes qui leur permet de rester chez eux le plus longtemps possible. En leur offrant confort, sécurité et autonomie, elle peut parfois retarder voir éviter une entrée en maison de retraite.

Il existe enfin d’autres solutions pour retarder l’entrée en établissement ou diminuer la durée du séjour : le maintien à domicile avec aides et soins, l’accueil familial ou encore les résidences autonomie (ex-foyers logements). Autant de solutions qui constituent souvent un compromis intéressant entre confort, sécurité et respect du budget, tout en préservant le plus possible l’autonomie et la qualité de vie de la personne âgée. Au regard de la hausse prochaine des coûts et des besoins croissants en matière d’hébergement, il est d’autant plus important de bien se renseigner sur les dispositifs d’aide existants et d’utiliser des comparateurs en ligne afin de faire le meilleur choix.