Est-il possible de choisir entre carrière professionnelle et aide à un proche en perte d’autonomie ?
De plus en plus d’actifs se retrouvent dans cette situation, contraints de composer chaque jour entre les besoins de leur entreprise et ceux de leur famille. Une équation complexe qui soulève de nombreux enjeux sur le plan personnel comme sur l’organisation du travail.
Jongler entre les exigences professionnelles et celles de l’aidant familial
Exercer une activité professionnelle tout en étant aidant familial, c’est devoir jongler avec des obligations parfois opposées.
D’un côté, le monde du travail qui impose des horaires, des déplacements, une disponibilité et une performance constante. De l’autre, la mission d’aidant qui requiert une présence continue, une écoute attentive et une capacité à répondre rapidement aux besoins de la personne accompagnée, qu’il s’agisse d’un parent âgé, d’un conjoint malade ou d’un enfant handicapé.
L’addition de ces deux engagements peut avoir un impact notable sur la fatigue physique comme mentale. Le sentiment de ne pas faire assez au travail comme auprès de la personne aidée est parfois associé à la culpabilité et à un stress permanent. Les aidants doivent apprendre à vivre avec l’imprévu : urgence médicale, absence de solution de garde ou surcharge soudaine du travail viennent régulièrement perturber une organisation déjà précaire.
L’isolement constitue également un véritable obstacle. Nombreux sont les aidants qui n’osent pas évoquer leur situation avec leurs collègues ou leur hiérarchie par crainte d’être stigmatisés voire discriminés. Cette solitude rend encore plus difficile la gestion du quotidien et augmente le risque d’épuisement.
Les astuces pour s’organiser et équilibrer ses responsabilités
Une bonne organisation est de mise !
L’utilisation d’outils tels que l’agenda partagé, les to-do lists ou les applications de rappel est indispensable pour visualiser les priorités et répartir les activités sur la semaine.Anticiper les grands moments, comme le rendez-vous médical de la personne accompagnée ou la réunion importante au travail, permet d’éviter les conflits d’agenda et de garder l’esprit serein.Afin d’optimiser cette organisation, plusieurs bonnes pratiques sont à mettre en place : Planifier chaque début de semaine pour la semaine à venir en listant les tâches prioritaires et en bloquant les créneaux horaires nécessaires à la réalisation de ces dernières.Utiliser le code couleur dans l’agenda afin de distinguer clairement ce qui relèvent du domaine personnel, professionnel ou familial.Mettre des alertes automatiques pour ne rien oublier (échéance fiscale, entretien avec le médecin, etc.).Réévaluer son agenda chaque jour en fonction des imprévus et des besoins évolutifs.L’instaurer des routines quotidiennes favorise une gestion du temps plus efficace et un esprit apaisé. Si vous savez que votre proche a besoin d’aide tous les jours à 18h, vous aurez moins de stress si votre réunion professionnelle s’éternise…Il est également important de déléguer au maximum ! Dans le cadre familial tout d’abord : une répartition équitable des tâches d’aide permettra à la personne la plus sollicitée (souvent l’épouse) d’avoir un temps partiel dans son rôle d’aidante.Professionnellement ensuite : discuter avec votre manager afin qu’il adapte vos horaires si besoin, télétravaillez lorsque cela est possible ou utilisez les dispositifs spécifiques aux aidants (congé proche aidant, congés exceptionnels…) pour souffler et mieux concilier vie personnelle et vie professionnelle.S’appuyer sur un réseau est essentiel : aides techniques ou financières, associations spécialisées dans le soutien aux proches aidants… N’hésitez pas également à faire appel aux autres personnes qui côtoient votre parent âgé. Les autres membres de la famille peuvent être mis à contribution mais aussi le voisinage ou même des amis.
Enfin, il est essentiel de prendre soin de soi. S’accorder des pauses, pratiquer une activité physique, même légère ou s’octroyer des loisirs sont autant d’éléments favorisant le maintien de son équilibre. Apprendre à se connaître en reconnaissant ses limites et à accepter de ne pas tout contrôler constituent des étapes essentielles pour préserver sa santé physique et mentale.
Par ailleurs, il est conseillé d’utiliser des techniques permettant la relaxation du corps et de l’esprit comme la méditation, la respiration profonde ou le yoga pour mieux affronter le stress au quotidien.
Ressources et soutiens pour faciliter la conciliation
Informations, conseils, guides pratiques, forums d’entraide… de nombreuses ressources existent pour vous aider au quotidien.
Consultez les plateformes France Alzheimer, l’Association Française des Aidants ou le portail de l’État « Pour les proches aidants » qui vous permettent de ne plus vous sentir isolé et de partager votre expérience avec des personnes vivant la même situation que vous.
Vous pouvez également faire appel à des aides à domicile en vous rapprochant d’un service d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD) qui prend en charge une partie des soins ou des activités de la vie quotidienne. Certaines collectivités locales proposent un soutien financier ou logistique (allocations, dispositifs de répit…) qui peut permettre à l’aidant de souffler quelques heures ou quelques jours.
Enfin, le dialogue avec votre employeur est un levier important. De nombreuses entreprises commencent à reconnaître le rôle des aidants et ont mis en place des politiques d’accompagnement : horaires flexibles, télétravail possible, sensibilisation des équipes, cellule d’écoute dédiée… En parler, se renseigner sur ses droits, signaler ses besoins… autant de démarches qui peuvent transformer votre quotidien et favoriser une meilleure articulation entre vie professionnelle et statut d’aidant familial.